12/02/2007
The real good German
L’Allemagne, enfin Berlin revient au goût du jour: c’est la Berlinale Filmfest, Brad et Angelina ont acheté un loft dans l’ex Berlin Est, et Soderbergh sort son « Casablanca » sous fond de Berlin ravagé par la seconde guerre avec comme titre « The good German ». Parce que oui, l’un n’empêche pas l’autre, on peut être allemand et gentil.
Parmi tous les films à l’affiche, j’ai choisi d’aller voir La vie des autres. J’avais loupé Requiem, pas question de passer à côté de celui là. Le ciné allemand me donne l’impression d’être plus réaliste, plus authentique. Ca change de toute la flopée de biopics ou d’adaptations de romans.
Ici, pas de vision manichéenne : il n’y a ni héros ni méchants. L’histoire se passe en RDA ou DDR en 1984 (on peut y voir un clin d’œil orwellien). Le Glasnost n’est pas encore d’actualité et l’Etat, le Partei, contrôle tout. A coté le Watergate, c’est de la rigolade.
Une scène d’interrogatoire ouvre le film, on y apprend qu’après 48h, l’interrogé, épuisé, fini par se trahir. C’est mathématique, statistique. Parce que l’Etat sait tout. Enfin, il aimerait.
Ainsi quand le ministre de la culture Hempf se met à avoir des soupçons sur un couple de bobos célèbres soit disants linientreu, elle comédienne de théâtre et lui écrivain, il les fait mettre sous écoute par des agents de la Stasi ou Staatssicherheit, organisation chargée de repérer les Klassenfeinde. A l’époque, c’était courant d’avoir un Stasi-Nachbarn, membre officiel ou non qui dénonçait ses voisins. Un chasse aux sorcières à l’envers.
Deine Karriere ist vorbei. Ta carrière est foutue. La phrase du film. Comme le Partei possède le pouvoir de décider qui joue, qui met en scène, qui écrit sur les planches est-allemandes, la comédienne Christa Maria devient la maîtresse du ministre, histoire de protéger ses arrières. Elle pense à son public. Et pensant que son appartement n’est pas truffé de micros, son copain Georg mijote quelque chose avec ses amis intellectuels subversifs. L’agent de la Stasi Wiesler, lui, prend son rôle très à cœur, et au fil de ses écoutes, il découvre Brecht, Beethoven et il s’humanise. Tellement que la vie de ces autres devient aussi importante que la sienne. Mais il y a trop de personnes qui savent, il y a des carrières en jeu et forcément, de la trahison dans l’air.
Cette vie des autres est incontestablement un bon film, à tel point que je voulais crier bravo et merci quand le générique de fin a commencé. Bravo parce qu’après Goodbye Lenin et Sonnenallee, le cinéma allemand ne cesse de me plaire et m’étonner. Merci, parce que c’est réaliste. Il y a de bons allemands. Et pas besoin des Américains pour le savoir.
Bande son: Die Sonate vom Guten Menschen , Beethoven.
PS: si vous comprenez pas les termes en allemand, n'hésitez pas à demander ...
09:15 Publié dans Je peux être sérieuse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Das Leben der Anderen, Guerre froide, Culture, cinéma






