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14/11/2007
Ne pas mélanger les torchons et les serviettes
Je trouve particulièrement réussie la campagne de l'INPES sur la dépression, accompagné d'un support internet plutôt complet. Je m'y suis rendue par curiosité et j'ai été agréablement surprise par la présence d'une rubrique "Déprime ou dépression?".
Parler de dépression pour un coup de déprime est un abus de langage, déf: l'usage d'un mot à la place d'un autre mot proche mais dont la différence n'est pas négligeable. Il en est de même quand j'entends certains employer le terme "anorexique" (qui se rapporte à une maladie, l'anorexie) pour décrire quelqu'un de (trop) mince. Et des exemples, il y en a plein d'autres.
La plupart du temps, je ne les remarque pas (je ne suis pas linguiste après tout), sauf quand ils ont un rapport avec des termes médicaux dont je suis familière, et là ça a le don de m'énerver. Selon moi, abuser de ces termes revient à banaliser des états graves (dans le sens où cela a de l'importance et parfois des conséquences fâcheuses) et donc à décrédibiliser ces maladies jusqu'à en faire quelquechose de banal, normal (alors qu'il n'en est rien). J'irais bien demander à Alain Rey ce qu'il en pense.
14:45 Publié dans Je peux être sérieuse | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : INPES, linguistique












Commentaires
Par curiosité, j'ai zyeuté aussi le site. Je le trouve complet. Tout comme toi, la rubrique présentant la différence entre "Déprime ou dépression" m'avait interpellé...
Les abus de langages sont nombreux. Un de plus.
Contente de voir que je suis pas la seule
Ecrit par : Ze Gr3G | 14/11/2007
Je la trouve pourrie cette campagne... ou plutôt, non, elle est bien faite. (même si il manque pas mal d'info sur le site, comme le risque de dépendance lié aux antidépresseurs, et autre soucis, qui n'est pas moindre, puisque c'est un piège dans lequel tombe énormément de gens). C'est pas le problème, a la limite. Le problème est qu'une campagne doit se définir selon des projets de santé publique.
En dehors de ça, on sait qu'à l'heure actuelle, la France est championne en matière de consommation d'antidépresseurs et autres associés. Soit ce sont les autres pays qui traitent mal, et dans ce cas c'est déjà très bien soigné, donc il est inutile de faire une campagne. Soit on traite trop et dans ce cas c'est contre productif. Sauf pour les laboratoires.
Il est important d'informer. Mais la le but est relativement clair, au vu de ce joli site qui prône très clairement l'usage des traitements médicamenteux lourds alors même que le but majeur devrait être d'inciter aux traitement plus léger (voir pas de traitement du tout, si, si, c'est possible)
De plus l'encart sur l'utilisation du millepertuis m'a bien fait rire, dans la mesure ou c'est l'antidépresseur le plus utilisé en Allemagne (20% du total des prescriptions concernant la dépression, c'est énorme), il y est reconnu comme un médicament au même titre que les autre, et ils ont un recul d'environ 20 ans sur son utilisation officielle en tant que tel. Il est vrai qu'il est a utilisé sous des surveillances des risques d'interactions, mais se contenter de ça comme info est un peu curieux dans la mesure ou les risques des traitements médicamenteux classique ne sont traités que d'une manière assez légère...
Je suis dubitative quand à l'objectivité de l'inpes et du ministère de la santé, tout à coup. (précisons aussi que ce n'est pas Roselyne la douce qui est initiatrice de cette campagne, mais Kouchner le dur. Elle avait été repoussée suite a une vague de suicide liés aux ATD au USA :p)
En fait je me demande même quel laboratoire a bien pu leur faire cette commande tellement c'est énorme...
PS: je suis peu être trop pessimiste, mais franchement je trouve ça trop gros... Sinon, pour ceux que ça interesse, il y'a un post là qui est interessant: http://www.psychanalyse-en-ligne.org/forum/viewtopic.php?id=279&action=new
Re PS: suis-je totalement parano?
C'est vrai que j'ai pas lu dans le détail ce qu'ils préconisent. Mais ça ne m'étonne pas que tu me disent qu'ils conseillent d'aller voir leur médecin pour une ordonnance. C'est vrai qu'il y a un réel problème en France dû à la prescription d'antidépresseurs à tout va (souvent, pour des petites déprimes et non pas des réelles dépressions), d'où des accoutumances. J'avais vu un reportage horrible là dessus il y a quelques années, et je suis contente d'être passée à côté de cette solution quand j'étais dans ce cas.
Les labos sont trop importants.
ps: je la trouve bien faite parce que les termes employés par la voix off sont exactement ceux que qqn de malade aurait pu employer. J'y ai trouvé une résonance, quoi. Après, y a l'histoire personnelle qui joue pas mal, et je pense que j'aurais aimé que mes amis voient ce spot il y a quelques années.
ps2: je pense pas que tu sois parano.
Ecrit par : Severine | 16/11/2007
Combien de fois ai je entendu de commentaires ironiques sur "intel la dpressive qui pleure tout le temps" . Je crois que la plupart des gens ne se rendent pas compte de la violence d une dépression , de la fadeur s étend a tous les gestes de la vie , et de la difficulté a en parler.C'est pourquoi la campagne est assez bien faite.
Pour ma part j employais le mot déprime pour qualifier mon état et je me suis sentie libérée quand une psy ma dit clairement que je faisais une dépression.
Je suis d'accord avec toi (et je comprends ta dernière phrase)
Ecrit par : lucie | 17/11/2007
Attention hein j'ai pas dit que la dépression devait être traitée à la légère, et en ce sens, la campagne est plutôt bien faite pour déculpabiliser, avec raison, les dépressifs qui ont l'impression d'être un boulet aux yeux des autres, ou qu'on essaye de faire passer pour des gens qui n'ont pas de courage, etc, etc.
Mais de là a proner l'utilisation de médicaments qui peuvent être lourd et aggraver cette dépression par la dépendance psychologique qu'ils peuvent entrainer (et qui n'est pas moindre!), alors même qu'un bon suivit, parfois même un simple coup de pouce, ou même l'attente dans le cas des dépression liées aux deuils en tout genre peuvent parfois être efficace.
Je l'ai vécu aussi, et si je regrette de ne pas avoir été soutenue, de m'être sentie incomprise, je ne regrette pas une seconde de ne pas en avoir parler a un médecin.
On essaye de faire croire aux dépressifs qu'ils ont absolument besoin d'une béquille chimique, qui peut être très utiles dans certains cas il est vrai, alors qu'il est aussi possible de s'en sortir sans (tout dépend des cas, et ça ne veut pas dire que ceux qui prennent des médocs sont des faibles!).
Quelquepart, ça ne combat même pas les idées reçues, puisque ça conforte l'idée générale que si on ne traite pas chimiquement un problème, ce n'est pas une vraie maladie. Ce qui est totalement faux, bien sur. Un depressif lambda qui n'est pas sous ATD n'est pas moins depressif que son voisin qui en prend. Pourtant le regard des autres est tout autre...
Ca conforte aussi dans l'idée totalement absurde que quelqu'un qui fait une dépression n'aurait pas assez de "volonté" pour s'en sortir sans traitement.
Ah mais je suis totalement d'accord avec toi! Les médecins se débarassent de leurs patients en leur préscrivant des médicaments, sans chercher à trouver une solution réelle et durable, donc souvent aussi les gens croient que les médicaments sont la solution. J'ai toujours cru en la pyschologie, et dans le pouvoir de la parole et je sais qu'il y a souvent d'autres solutions.
Ecrit par : Severine | 18/11/2007
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