28/04/2006

Pipe dreams [Bigmouth Strikes Again]

L'été arrive, on a envie de partir au soleil ... et de préfèrence pour pas cher, mais à quel prix ? En espèrant que cette note fasse réfléchir ....

 

"Quand les vacances des uns font le malheur des hôtes"

 

Les voyages ont pris leur envolée après 1936 et la création des congés payés, autrefois réservés aux personnes aisées, ils sont maintenant ouverts à tous. Mais dans notre société de surconsommation, on veut toujours tout plus grand et moins cher, au risque de mépriser les travailleurs des pays en voie de développement.

 

 

A qui profitent les vacances à tout prix ?

 


Crédit: partirpascher

 

L'offre 9 jours/7nuits pour 490 euros pour un hôtel à Punta Cana, lieu roi du tourisme tropical

 

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi une semaine en République dominicaine vous coûte aussi  cher qu'une semaine en Espagne alors que vous traversez l'Atlantique ?

Le tourisme crée beaucoup d'emplois dans les pays ensoleillés, il crée des infrastructures et permet le développement  économique des pays pauvres. La société de consommation s'est emparée du créneau. Les complexes hôteliers n'appartiennent pas aux autochtones mais à des investisseurs étrangers (pour la plupart des multinationales européennes ). On vend du rêve, cette image d'hôtel calme au bord de la mer entouré de palmiers ou cocotiers.

 

Cette image elle est la même en République dominicaine, à Cuba ou en Egypte. Les touristes ont tout à portée de main, ils sortent rarement du complexe pour s'aventurer seuls dans les rues locales, ils ne sont pas là pour visiter (ou alors uniquement sur des sentiers déjà tout tracés).

 

En fait, les hôtels pompent toutes les ressources du pays :

 

- pillage de  l'eau potable (ou non) pour les douches interminables, arrosage de pelouse, les golfs  et les piscines (c'est tellement plus fun de se baigner en plein Sahara !!!).

"Sous les tropiques, un touriste use en moyenne dix fois plus d’eau qu’un paysan pour arroser ses champs et nourrir sa famille" (campagne de l'association Agir).

- les ressources en électricité

- les meilleurs fruits /légumes/poissons du marché ne sont pas destinés à la population locale mais aux restaurants.

- le déplacement forcé pour construire des hôtels avec expropriation des petits paysans.

 

L'invasion par les constructions hôtelières dans des zones sensibles (montagnes, littoraux) modifie l'équilibre naturel. Les zones insulaires sont les plus touchées par la sur-fréquentation et l'érosion se fait plus grande. Ces constructions ne respectent  souvent pas les lois environnementales, elles sont alors très près des plages parfois dans des zones submersibles, l'horreur de la vague du 26 décembre 2004 en est l'exemple.

 


Bidonvilles de Sosua , République dominicaine; Crédit : ©Altitude/Yann Arthus-Bertrand

 

Cette économie a un attrait important sur la population locale, l'image du travail semble meilleure, les tâches sont moins pénibles que dans les activités traditionnelles, les salaires moyens sont plus élevés. Mais ce système du tourisme de masse comporte des dérives avec le chomâge:

 

- emplois précaires, surexploitation, absence de contrat de travail, manque de considération par l'employeur (occidental), servitude envers les touristes ou les entreprises.

- travail des enfants

- développement du tourisme sexuel et exploitation de jeunes enfants par des touristes pédophiles peu scrupuleux, heureusement les auteurs de délits sexuels sont maintenant "poursuivables" dans leur pays d'origine.

 

 Mais vous pouvez agir et devenir des touristes responsables :

 

Certains voyageurs indépendants s'investissent et développent des formules respectant les droits internationaux des travailleurs (Car ce que tu aimerais qu'on fasse pour toi fais le pour les autres …) et les droits de l'environnement (avant que des zones paisibles et préservées deviennent des succursales de Disney). Ils réinvestissent également les bénéfices pour le développement des pays du Sud.

Afin de bien choisir avec qui et comment partir, Transverses ou le Centre de documentation Tiers monde accompagnent les voyageurs dans leur choix.

 

Quelques adresses utiles:

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